Marches financiers

ACTIONS EUROPEENNES La confirmation par la Fed de la prévision d’une hausse de taux supplémentaire en fin d’année a entraîné une baisse de l’euro face au dollar et la poursuite de la remontée des taux longs en Europe. Les actions progressent modestement, avec une dichotomie des performances suivant le degré de sensibilité aux taux des différents secteurs. Le secteur des utilities, des télécoms ou de l’immobilier sont ainsi en recul, tandis que le secteur financier en particulier en a tiré parti, impacté également par les rumeurs de consolidation du secteur. Les valeurs énergétiques sont restées également bien orientées grâce à la bonne dynamique du prix du baril. Le marché a par ailleurs été tiré par l’actualité sur le front du M&A. Total a annoncé une prise de participation dans deux entreprises opérant dans les énergies renouvelables ; respectivement spécialisées dans l’énergie solaire et dans l’efficacité énergétique. Ces acquisitions sont en ligne avec la volonté du groupe d’intégrer les adaptations au changement climatique dans sa stratégie. Enfin, Siemens a reconnu poursuivre des discussions avec Alstom et Bombardier pour consolider le marché du rail, en particulier face à la menace de leur concurrent chinois CRRC.

ACTIONS AMERICAINES Semaine étale sur les marchés américains. L’indice S&P a toutefois franchi de nouveaux records historiques (2.508 points). L’escalade verbale opposant Donald Trump et Kim Jong-un ne semble plus guère préoccuper le marché. Le sujet de la réforme fiscale revient au centre des préoccupations. Mardi dernier, deux membres clés de la commission du Budget se sont accordés sur les grandes lignes du projet, notamment sur un montant de 1,5 trillion de dollars de baisse d’impôts au cours des 10 prochaines années. La réunion de la Fed a finalement débouché sur une communication en ligne avec les attentes. Le bilan va commencer à être réduit à hauteur de 10 milliards de dollars par mois à partir du mois d’octobre. Le rythme de réduction augmentera graduellement. La Fed indique qu’une nouvelle hausse des taux est probable d’ici la fin de l’année, puis que trois autres devraient suivre en 2018. Janet Yellen a souligné que l’économie américaine est solide mais que l’absence d’inflation relevait du « mystère ». Financières et cycliques sont les gagnantes relatives de la semaine, aidées par les commentaires de Janet Yellen. De l’autre côté du classement, on retrouve l’immobilier, la consommation de base et les utilities qui affichent un recul lors de la semaine écoulée.

ACTIONS JAPONAISES L'indice TOPIX a progressé de 1,8% cette semaine. Le marché japonais s’est envolé à son plus haut niveau depuis deux ans dans le sillage de Wall Street, qui a atteint un sommet historique. Il a également été porté par la dépréciation du yen après que la Fed a annoncé l’amorce d’un dégonflement de son bilan et laissé entrevoir un nouveau relèvement de ses taux d’intérêt cette année. En revanche, la Banque du Japon a opté pour le statu quo, préférant maintenir ses mesures d’assouplissement monétaire. Cette décision n’a pas surpris le marché, mais elle souligne la divergence des politiques monétaires de ces deux banques centrales. Par ailleurs, des rumeurs de dissolution de la chambre basse du Parlement ont fait irruption et stimulé le marché, redonnant un nouveau souffle à l’équipe gouvernementale actuelle. Les bons résultats publiés par les entreprises ont également donné confiance aux investisseurs.

MARCHES EMERGENTS Les marchés émergents ont achevé la semaine sur une note stable (performance exprimée en dollars), et ce malgré 1) la fermeté affichée par la Fed à court terme ; 2) l’accentuation de la tension politique en Corée du Nord et 3) la dégradation de la note souveraine de la Chine par l’agence Standard&Poor's (S&P). La performance enregistrée cette semaine a démontré la résistance des marchés émergents. D’après nous, la dégradation par S&P est une piqûre de rappel salutaire quant aux inefficiences qui subsistent en Chine et appellent des réformes structurelles. La Chine est en passe de réussir à rééquilibrer son économie en accordant une place accrue à la consommation. En outre, la croissance du crédit décélère, la rentabilité des entreprises s’améliore et le gouvernement met en application les réformes de manière remarquable. Au Brésil, le chiffre de l’inflation publié à la miseptembre s’est avéré inférieur aux attentes (2,56% sur un an) en raison de la baisse des prix de l’alimentation et des services. L'Argentine a enregistré une expansion de son PIB de 2,7% en glissement annuel au deuxième trimestre. Les principaux moteurs de cette croissance sont l’investissement et la consommation privée. Toujours en Argentine, la première introduction en Bourse de l’année 2017 a été l'œuvre de l’agence de voyage en ligne Despegar. Le prix d’introduction se situe dans le haut de la fourchette envisagée.

MATIERES PREMIERES Le prix du baril de Brent continue de progresser et n’est plus qu’à un ou deux dollars des plus hauts enregistrés en début d’année à 58 dollars le baril, à la suite des accords OPEP/non-OPEP. La tendance est toujours à l’amélioration des fondamentaux, avec notamment une baisse des exportations des pays de l’OPEP au cours des derniers mois. De son côté, le département de l’énergie américain, dans son rapport mensuel, anticipe pour les prochains mois un tassement de la croissance de la production des sept bassins de pétrole de schiste, qui confirme la tendance récente. Par ailleurs, l’activité forage, qui s’était stabilisée depuis début juillet, vient d’enregistrer sa plus importante baisse hebdomadaire depuis le début de l’année (-7 foreuses sur un total de 749 dans le pétrole). Le prochain week-end va laisser place à une réunion des pays de l’OPEP et non-OPEP participant aux coupes de production, et probablement la Libye et le Nigéria qui en sont pour le moment exemptés.

Après s’être approché des 1360$/oz début septembre, le cours de l’or enregistre une correction et vient de repasser sous les 1300$/oz, son niveau d’il y a un mois. Le marché de l’or ne réagit plus aux joutes verbales entre Trump et Kim Jong-un. Le FOMC a en effet marqué la fin officielle du Quantitative Easing. La prochaine hausse de taux semble se confirmer pour le mois de décembre. Néanmoins, l’environnement plaide pour une stabilisation du cours de l’or sur les niveaux actuels.