Marches financiers

Cette semaine 45, les marchés européens s’affichent en baisse avec des mouvements différenciés significatifs au sein des indices en fonction des publications de résultats du T3. Les publications de résultats inférieures aux attentes ont pu donner lieu à d’importantes prises de bénéfice dans un marché au plus haut, en particulier après les propos de Benoît Cœuré estimant que la BCE ne pouvait recourir indéfiniment au Quantitative Easing. La croissance organique moyenne des ventes s’affiche néanmoins à près de +5% traduisant une résurgence de la croissance initiée au T1 et accentuée au T3 sur les secteurs les plus cycliques. D’un point de vue sectoriel, notons la bonne tenue du segment pétrolier qui bénéficie d’un baril à près de 64$. La distribution est en verve après un très bon trimestre d’Ahold qui annonce un nouveau programme de rachat d’actions pour 2018. Bonne tenue également du secteur des matériaux de construction grâce à un trimestre finalement bon pour HeidelbergCement (maintien d’un objectif d’EBITDA 2017 en croissance de 5 à10%) comme Vicat. Les Utilities ont également affiché de bons résultats (Veolia, Engie…). A l’inverse, le secteur bancaire a souffert en lien avec des résultats assez pauvres et la baisse des taux longs. Le secteur automobile a connu des prises de bénéfice après la décision de la Commission Européenne de réduire de 30% les émissions de CO2 pour les nouveaux véhicules, la publication décevante de BMW dans son activité automobile ou les difficultés d’Opel chez Peugeot. La forte correction d’Altice dont la dette du groupe s'élève à 51mds€ a également fait l’actualité. Depuis juin le titre a perdu la moitié de sa valeur. Patrick Drahi a repris la direction opérationnelle suite à la démission du directeur général. Du côté des transformations d’entreprises, ADP a bénéficié de nouvelles informations concernant l’avancée du projet de privatisation du groupe.

ACTIONS AMERICAINES Au cours des cinq dernières séances, le niveau des indices américains reste quasi inchangé mais s’accompagne du retour d’une certaine nervosité. En l’absence de nouvelle macroéconomique majeure, c’est sur la politique que le marché a porté son attention, certains sénateurs républicains ayant déclaré que la réforme fiscale pourrait ne pas voir le jour avant 2019. Le pétrole a retrouvé ses plus hauts niveaux depuis plus de deux ans : la demande de pétrole continue de surprendre favorablement (près de 2 millions de barils jour vs. 2016 contre une croissance traditionnelle de +1mb/j). L’OPEP semble prêt pour prolonger le gel de sa production l’année prochaine et la production de gaz de schiste aux Etats-Unis ne s’est pas envolée contrairement aux attentes : les chiffres trimestriels des sociétés d’exploration et production américaines révèlent une croissance de seulement 1% de leur production. La saison des résultats trimestriels approche de la fin. Ce sont 457 sociétés qui ont déjà publié leurs chiffres, 337 sont ressorties au-dessus des attentes, 109 ont déçu. L’agrégat fait ressortir un BPA de $33.36, 7% au-dessus des résultats du troisième trimestre 2016, 4% supérieur aux anticipations du consensus à $32. Les secteurs défensifs (immobilier, utilities, consommation de base) ainsi que l’énergie affichent les meilleures performances hebdomadaires, tandis que les financières ont été plus fortement pénalisées par l’aplatissement de la courbe des taux : les craintes de décalage de la réforme fiscale ont pesé sur les taux longs tandis qu’une hausse des taux en décembre est désormais largement anticipée.

ACTIONS JAPONAISES Le marché actions japonais a atteint son plus haut niveau depuis 25 ans mais a achevé la semaine en légère baisse. L'indice TOPIX a néanmoins terminé en hausse de 1,1 %. Le récent marché haussier à Tokyo a permis aux actions japonaises de regagner la moitié du terrain perdu entre leur pic en 1989 et leur creux en 2009, d’où l'optimisme de certains experts à leur égard. Les grandes capitalisations surperforment les petites et les moyennes en raison des belles perspectives de croissance économique à l’échelle mondiale et des solides prévisions de bénéfices pour l'exercice 2017.

MARCHES EMERGENTS Les marchés émergents, notamment la Chine, ont signé une belle performance (l'indice MSCI China a progressé de 2,4 %). En général, les entreprises ont annoncé de bons résultats. La Chine s’est également illustrée sur ce front. La demande plus forte que prévu pour l’Iphone X constitue un autre moteur de performance important. En effet, les fonctionnalités innovantes de ce modèle (double caméra et capteur 3D) ont donné un coup de fouet aux sous-traitants chinois d’Apple tels que Sunny Optical, AAC et Q-Technology. Sur le plan macroéconomique, les chiffres du commerce extérieur chinois (exportations et importations) se sont avérés conformes aux estimations du consensus, même si l'on constate une décélération par rapport au mois de septembre, imputable en partie à l'impact de la Fête de la mi-automne. En Inde, le comité de pilotage de la taxe sur les biens et services a adopté un taux réduit (18 % au lieu de 28 %) pour un certain nombre d’articles tels que le chocolat, le chewing-gum, l’après-rasage, les produits de beauté, la poudre, les détergents, les boissons bonnes pour la santé et le marbre. Au Brésil, les résultats ont également été meilleurs que prévu grâce à l'amélioration des chiffres d'affaires et des marges d'exploitation (baisse des coûts). Le concessionnaire d'autoroutes à péage Ecorodovias a fait état d'une progression de son chiffre d’affaires, de son EBITDA et de son bénéfice net de 11 %, 21 % et 85 %, respectivement. L’équipementier automobile Iochpe a également annoncé un BPA supérieur aux attentes, en hausse de 15 % grâce à une forte progression (+21 %) de son chiffre d’affaires. La production et la demande d'automobiles est une nouvelle fois ressortie en forte hausse en octobre (+65 % et +25 % sur un an, respectivement). En Argentine, les banques ont une nouvelle fois dévoilé de bons résultats trimestriels, portés par la forte croissance du crédit. La banque centrale a de nouveau relevé ses taux d'intérêt (de 100 pb) pour juguler l'inflation. En outre, elle a annoncé la fin des subventions aux petites entreprises qui leur permettaient d'obtenir des prêts à des conditions inférieures au taux de référence.

MATIERES PREMIERES Le momentum reste soutenu sur le marché du pétrole, grâce à une combinaison de la montée du risque politique et de la reconnaissance par le marché de l’amélioration des fondamentaux. A près de $64 le baril, le Brent est dans sa 5ème semaine de hausse consécutive. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis juin 2015. La baisse des stocks de brut mondiaux a permis une revalorisation de la prime géopolitique : l’augmentation des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran (refus de Trump de signer l’accord sur le nucléaire suite au missile tiré depuis le Yémen), les tensions entre l’Arabie Saoudite et le Liban après la démission du premier ministre libanais qui a accusé le Hezbollah et l’Iran d’avoir la mainmise sur son pays, le risque de défaut du Venezuela (production de 1,94M de b/j selon l’AIE en septembre)… ont été des facteurs de soutien des prix cette semaine. Le Prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane a également consolidé son pouvoir en organisant « une purge » lors de laquelle des personnalités politiques et des affaires ont été arrêtées le week-end dernier. Cette initiative renforce dans une certaine mesure la crédibilité du pays à conduire sa politique de coupe de production au sein de l’OPEP. Un porte-parole du ministère de l’énergie saoudien a précisé que le royaume prévoyait de couper ses exportations en décembre sur toutes les destinations de 120k b/j. Du coté des données hebdomadaires, l’activité de forage aux Etats-Unis continue de baisser avec un nombre de foreuses de pétrole de 728 (-8 rigs sur la semaine). Les stocks de brut aux Etats-Unis ont cru de 2,2M de barils sur la semaine alors que la période de maintenance des raffineries bat son plein. Les stocks totaux (brut + produits pétroliers) ont en conséquence baissé de 4,4M de barils. La demande reste très bien orientée. En effet, la forte hausse récente de l’or noir pourrait amener l’OPEP à repousser la décision d’étendre son intervention au-delà de mars 2018 (prochaine réunion prévue le 30 Novembre). Néanmoins, malgré sa bonne performance récente (+14% en Euro), le secteur énergie a toujours un rattrapage à faire.