Marches financiers

ACTIONS EUROPEENNES

Les chiffres définitifs de l’inflation dans la zone euro en décembre sont ressortis à +1,5% en rythme annuel. Des signes de la BCE laissent supposer que la politique monétaire restera accommodante tant que les 2% d’inflation ne seront pas atteints. Le secteur technologique, tiré par les semi-conducteurs, a surperformé après les excellents chiffres d’ASML qui s’affiche en forte hausse, entraînant STM et Infineon dans son sillage. Les médias (ProSiebenSat1, Publicis) ont profité de la décision de Facebook de limiter la publicité sur son site, ce qui pourrait favoriser les supports classiques. Côté valeurs, BASF a publié des résultats préliminaires 2017 supérieurs aux attentes, contribuant à la surperformance du DAX. Les valeurs exposées au projet du Grand Paris (Vinci, Eiffage) s’affichent également en hausse au cours de la semaine dans la perspective des annonces du gouvernement. EDF a profité de la perspective d’une hausse des tarifs réglementés, suite à la recommandation de la Commission de Régulation de l’Energie. Alstom a pour sa part dévoilé une progression plus forte qu’attendu des commandes et une croissance organique des ventes à +8% (au-dessus du rythme de croisière fixé à +5% par an). Les objectifs 2020 sont confirmés et la fusion avec Siemens est prévue fin 2018. Rémy Cointreau a publié des ventes au titre du troisième trimestre légèrement supérieures aux attentes, tirées une fois de plus par la division Cognac. Les constructeurs automobiles ont dévoilé leurs chiffres d’immatriculations pour 2017. Notons que Renault a enregistré des ventes record sur la période et devient le plus grand constructeur mondial. L'internationalisation du groupe est le principal levier de cette performance. Siemens a été soutenu par l’annonce de la prochaine introduction en Bourse de la division santé. Continental envisagerait de se scinder en trois divisions (pneus/powertrain/châssis-intérieur-véhicule autonome) avec une introduction en Bourse d’une minorité du capital des deux premières. Nestlé a annoncé la cession de ses activités de confiserie aux Etats-Unis au groupe italien Ferrero. 

ACTIONS AMERICAINES

Les marchés américains finissent relativement inchangés au cours d’une semaine écourtée à la faveur du Martin Luther King’s day. Sur le plan économique, hormis la faiblesse continue du dollar, il n’y a pas eu d’indicateurs majeurs. Les démarrages de chantiers et les dépôts de permis de construire envoient des signaux contradictoires (bonne tenue des dépôts de permis, moindres démarrages). Dans l’ensemble, l’Empire manufacturing index est en ligne avec les attentes : si l’estimation du mois de janvier ressort à 17,7 contre 19 attendu, les chiffres du mois précédent ont cependant été révisés à la hausse. Coté entreprises, la saison de publications trimestrielles a vraiment débuté avec Citigroup, JPMorgan et Bank of America affichant des résultats solides hors exceptionnels, portés par l’environnement économique. L’activité banque de détail reste bien orientée avec une croissance des crédits et des défauts qui reste peu élevée. A contrario, le segment de la banque d’investissement a souffert dans un contexte de volatilité faible et a particulièrement affecté les résultats de Goldman Sachs. Au sein des valeurs technologiques, IBM a renoué modestement avec la croissance après plusieurs années de déclin et de restructuration. Au cours des cinq derniers jours ouvrés, les secteurs de la santé et de la consommation discrétionnaire signent les plus fortes hausses. Le secteur immobilier et les services publics continuent leur repli.

ACTIONS JAPONAISES

La Bourse de Tokyo a fait du surplace cette semaine avec une actualité défavorable, marquée notamment par un plongeon du cours du Bitcoin et l'appréciation du yen.  Les participants au marché étaient également anxieux face à un possible léger ajustement de l'assouplissement monétaire de la Banque du Japon et des taux de change du yen mais la perspective d'une solide croissance des bénéfices a permis aux actions de bien résister. L'indice TOPIX a achevé la semaine en hausse de 0,03%. 

MARCHES EMERGENTS

En Inde, l’actualité a notamment été marquée par des rumeurs selon lesquelles le ministre des finances envisagerait de relever le plafond des investissements directs à l'étranger (IDE) dans le secteur bancaire, de 74 à 100% pour les banques privées et de 20 à 49% pour les banques publiques. Si cette information se confirme, cela aboutira à une hausse significative du poids de l’Inde dans l'indice MSCI Emerging Markets. Les sociétés informatiques indiennes ont une nouvelle fois publié de mauvais résultats en raison d'une demande toujours atone de la part du secteur de la banque et des services financiers. Le cimentier Ultratech a dévoilé des résultats inférieurs aux attentes en raison de la chute de ses prix de vente (-23%), qui devrait toutefois s'atténuer. Les banques du secteur privé ont une nouvelle fois publié de très bons résultats (+20% pour HDFC Bank, +24% pour Indusind Bank et +22% pour Yes Bank) et fait état d'une stabilité de la qualité de leurs actifs. En Chine, la banque centrale a annoncé en septembre dernier une réduction de 50 points de base du coefficient de réserves obligatoires ciblée sur les banques dont au moins 1,5% de leur encours de prêts ou du montant net de leurs nouveaux prêts a trait à la « finance inclusive ». Cette mesure entrera en vigueur le 25 janvier. Les ventes au détail sont ressorties en hausse de 9,4% sur un an en décembre, un taux inférieur aux prévisions (10,2%).

La banque de Corée a relevé de 2,9% à 3% sa prévision de croissance du PIB en 2018. Elle a néanmoins maintenu son taux directeur actuel à 1,5% car la pression inflationniste demeure modeste. Les banques thaïlandaises ont une nouvelle fois publié de mauvais résultats : -3,8% pour Bangkok Bank, qui a fait état d’une faible croissance du crédit, -9,4 % pour Siam Commercial Bank et -44% pour Kasikornbank qui a fait état d'une hausse de ses provisions. En Indonésie, la Banque d'Indonésie a laissé comme prévu son taux directeur inchangé à 4,25%. La croissance du crédit demeure poussive (+8). 

MATIERES PREMIERES

Après huit semaines de hausse consécutives, les prix du pétrole ont consolidé, autour des 68-69 dollars le baril pour le Brent et 64 dollars pour le WTI cette semaine. La principale raison de cette consolidation est liée à la reprise de l’activité de forage aux Etats-Unis, avec une hausse de 10 rigs la semaine dernière, la première depuis quatre semaines. Cette hausse est tout de même à relativiser car l’activité avait été impactée par la vague de froid qui a touché les Etats-Unis ces dernières semaines. Néanmoins, la hausse récente du pétrole (WTI au-dessus des 60 dollars le baril) devrait inciter les producteurs américains à reprendre l’activité. Dans son ‘drilling productivity report’, l’Agence d’Information sur l’Energie prévoit d’ailleurs une hausse de la production de pétrole de schiste de 111.000 barils par jour en février à 6,55 millions de barils par jour. Les publications du quatrième trimestre et les annonces des perspectives des sociétés d’Exploration et Production des prochaines semaines devraient apporter des éléments de clarification. Si discipline il y a, les prix du pétrole devraient se tenir sur les niveaux de 65 dollars pour le Brent. Donald Trump a finalement étendu la levée des sanctions contre l’Iran « une dernière fois » tout en prévenant les signataires européens que « c’est la dernière chance » qui leur est donnée pour renforcer les sanctions contre Téhéran et son supposé programme nucléaire. Néanmoins, les fondamentaux restent toujours bien orientés. Selon les données du département de l’énergie aux Etats-Unis, les stocks ont continué de baisser (-6,9 millions de barils pour le brut uniquement, -7,2 millions de barils en incluant les produits) la semaine dernière.

DETTES D'ENTREPRISES

Crédit

Le marché du crédit continue de se resserrer en Europe, soutenu par l’absence de volumes de nouvelles émissions trop importants. Moody’s a finalement dégradé la notation de Teva de Baa3 à Ba2. L’émetteur a dorénavant ses deux pieds en High Yield. En revanche, la perspective stable limite le risque d’une nouvelle dégradation à court terme. S&P a placé le rating B+ d’Altice NV et de ses filiales sous surveillance négative. AG2R LA MONDIALE et le Groupe Matmut ont dévoilé plus précisément leur projet de rapprochement annoncé fin 2017 et qui pourrait être effectif au 1er janvier 2019. 

Convertibles

Six nouvelles émissions ont eu lieu cette semaine. En Europe, la compagnie aurifère russe Polyus a annoncé l’émission de 250 millions de dollars d’obligations convertibles à trois ans assorties d’un coupon de 0,5 à 1%, dont le produit servira au refinancement de sa dette. En Chine, le promoteur immobilier Country Garden a fait appel au marché avec une très importante émission (15,6 milliards de dollars de Hong Kong) d’obligations convertibles sans coupon à un an, qui lui permettra de rembourser sa dette et de financer son besoin en fonds de roulement. Autre émission en Asie : Khazanah, le fonds souverain de la Malaisie (un habitué du marché des obligations convertibles), a émis pour 320 millions de dollars d'obligations sans coupon à 5 ans, échangeables en actions de CITIC Securities, une société de courtage chinoise cotée à Hong Kong. Le produit de cette émission lui permettra de financer son besoin en fonds de roulement. La troisième opération en Asie est à mettre l'actif de la holding Canopus International, qui a émis pour 200 millions de dollars d'obligations sans coupon à un an, échangeables en actions du groupe chimique thaïlandais Indorama Ventures. Aux États-Unis, le prestataire de services cloud Nutanix a émis pour 500 millions de dollars d'obligations convertibles sans coupon à cinq ans pour financer son besoin en fonds de roulement, ses investissements et d'éventuelles acquisitions. La deuxième opération intervenue aux États-Unis est le fait du fabricant de produits destinés à la construction Patrick Industries, qui a émis pour 150 millions de dollars d'obligations convertibles à cinq ans, assorties d'un coupon de 1%.