Marches financiers

 

ACTIONS EUROPEENNES

Cette semaine, le marché des actions européennes a évolué au gré des espoirs d’un règlement du différend commercial sino-américain, des incertitudes liées au Brexit, et des annonces de mesures en faveur du pouvoir d’achat en France qui contribuent à creuser le déficit budgétaire. Sur le plan des publications de résultats, les avertissements sur résultats se poursuivent au sein du secteur de la chimie, avec cette semaine celui du groupe BASF, qui s’attend désormais à une baisse de son résultat opérationnel de -15% à -20% en 2018 en raison de la faiblesse de la demande automobile en Chine et du secteur amont pétrolier. Le groupe allemand de distribution « cash & carry » Metro annonce des perspectives jugées décevantes, notamment en raison de l’activité en Russie où la pression sur les prix se poursuit et pèse sur les résultats. L’actualité de la semaine a aussi été chargée sur le front des opérations des fusions & acquisitions, activisme et autres situations spéciales. Au sein du secteur bancaire, des rumeurs ont circulé concernant une fusion potentielle orchestrée par le gouvernement allemand entre Deutsche Bank et Commerzbank. De son côté, Jean-Pierre Mustier, le patron de la banque italienne UniCredit, a exclu la possibilité d’une fusion potentielle avec un autre acteur du secteur avant 2021. Statu quo également annoncé par Engie en ce qui concerne sa participation de 32% au sein de Suez Environnement. Dassault Systèmes a fait part de l’acquisition de « IQMS », un éditeur de solutions logicielles pour les petites et moyennes entreprises au sein du secteur manufacturier, pour un montant de 425 millions de dollars. Au sein du secteur ferroviaire, Alstom et Siemens ont annoncé qu’ils avaient fait des propositions afin de satisfaire aux exigences de l’Union européenne en matière de concurrence. Enfin, l’activiste Elliott s’est invité au capital du groupe de spiritueux Pernod Ricard, dont il dénonce la gouvernance « fermée ».

 

ACTIONS AMERICAINES

Semaine de stabilisation sur les indices américains : le S&P progresse de 0,7% et le Nasdaq de 1,4%. Les marchés ont salué la détente diplomatique entre les Etats-Unis et la Chine. Les chiffres de l’inflation (CPI) pour le mois de novembre indiquent une progression des prix de 2,2% (YoY), en ligne avec les attentes. Les chiffres de créations d’emplois en fin de semaine dernière s’étaient révélés inférieurs aux attentes  tandis que la progression des salaires se stabilise au-dessus des 3%. C’est donc la perception d’un réchauffement des relations entre les autorités chinoises et leurs homologues américaines qui ont permis au marché de souffler après la violente correction de la semaine dernière. Pékin aurait accepté l’idée de baisser ses tarifs douaniers sur les importations de voitures américaines de 40% à 15% et d’apporter des modifications à son plan « made in China 2025 » (programme visant à permettre l’émergence de sociétés purement chinoises au sein de différents secteurs stratégiques). Le secteur financier recule nettement cette semaine de -2,5%, et notamment les banques, pénalisées par l’inversion de la courbe des taux sur les maturités 2/5 ans. 

 

ACTIONS JAPONAISES 

Le marché actions japonais est resté volatil, marqué par l’évolution de la confiance des investisseurs à l’égard du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, notamment suite à l’annonce de l’arrestation de la directrice financière du groupe chinois Huawei. La volatilité du marché a été alimentée par la solide activité de négociation de contrats à terme sur l’indice Nikkei 225 de la part des investisseurs à court terme. Les titres liés à la Chine ont sous-performé sur fond d’inquiétudes concernant l’intensification de la guerre commerciale entre Washington et Pékin. Après avoir évolué en dents de scie durant la semaine, l’indice TOPIX a fini par céder 0,23%. Par ailleurs, la performance des small caps a été relativement faible, étant donné que la liquidité du marché, principalement alimentée par les investisseurs particuliers japonais, a été absorbée par l’introduction en Bourse de SoftBank. 

 

MARCHES EMERGENTS

En Chine, les propos en faveur du secteur privé et prônant l’ouverture dans tous les domaines, tenus lors de la réunion du bureau politique du Parti communiste, ont également contribué à l’amélioration de la confiance à l’égard du marché chinois. Cependant, les données macroéconomiques de novembre ont fait état d’une situation contrastée. Du côté des bonnes nouvelles, les financements totaux ont atteint 1.519 milliards, soit un montant supérieur aux attentes et à celui du mois d’octobre. En effet, le fléchissement des financements des gouvernements locaux et des prêts des banques fantôme a été compensé par la légère augmentation des émissions d’obligations d’entreprise. Les investissements en immobilisations ont augmenté pour le troisième mois consécutif, s’établissant à +5,9% grâce au redressement des secteurs manufacturier et immobilier. En revanche, la production industrielle a continué de ralentir, passant de +5,9% en octobre à +5,4%. La croissance des ventes au détail a elle aussi accusé un ralentissement, passant de 8,6% en octobre à 8,1%, en glissement annuel, principalement en raison de la faiblesse continue des ventes automobiles. Cette semaine, le secteur pharmaceutique est resté sous pression en Chine du fait de la surveillance accrue dont font l’objet les médicaments adjuvants. La Commission nationale de la Santé a par ailleurs renforcé les mesures destinées à contrôler les tarifs médicaux anormalement élevés pratiqués dans les hôpitaux publics. En Inde, la nomination du nouveau gouverneur de la banque centrale a suscité des inquiétudes quant à l’indépendance de la banque de réserve de l’Inde (RBI). Le marché a toutefois accueilli favorablement ce changement qui pourrait se traduire par une situation plus accommodante en matière de liquidités. L’inflation totale a été inférieure aux attentes en novembre, s’établissant à 2,3% en glissement annuel, soit son plus bas niveau depuis 17 mois. La production industrielle a quant à elle progressé, atteignant 8,1% en glissement annuel en octobre grâce à l’amélioration de la demande courante.

Au Brésil, les ventes au détail ont enregistré un recul supérieur aux attentes du marché, perdant 0,4% sur un mois en octobre, en raison de la baisse des ventes de véhicules et de pièces automobiles. Ce segment avait également affiché des résultats décevants en septembre. La reprise cyclique du secteur de la distribution s’essouffle. La banque centrale a, sans surprise, laissé ses taux inchangés à 6,5%, tout en adoptant un ton beaucoup moins ferme qu’auparavant. La bourse brésilienne B3 a publié des données solides en novembre, les actions ayant bondi de 47% en glissement annuel.

MATIERES PREMIERES

L'OPEP et ses alliés ont finalement annoncé une coupe globale de 1,2Mb/j, avec un effort réparti à -800kb/j pour l'OPEP et -400kb/j pour les non-OPEP. Si le chiffre global est supérieur aux attentes, entraînant un rebond de 5% des prix au moment de l’annonce, il est entaché, dans la lecture qu’en font les marchés financiers, par le fait qu’il a nécessité deux journées de négociations apparemment compliquées. L'Arabie Saoudite représentera environ 50% de l'effort OPEP alors que la Russie sera en charge de 50% de l'effort non-OPEP. Le Venezuela, la Libye et l'Iran sont exempts de participation, mais le Nigeria sera concerné pour la première fois. Cet accord commence en janvier 2019, sur la base de la production d'octobre 2018 (32,8Mb/j), et pour une durée de six mois. Malgré les craintes d’un potentiel ralentissement de l’économie mondiale, les perspectives de croissance de la demande sont pour le moment inchangées et stables à +1,4Mb/j, à la fois pour 2018 et pour 2019. Le niveau de coupe à 1,2Mb/j, s'il est collectivement bien respecté, est suffisant pour avoir un marché pétrolier relativement équilibré en 2019, et justifie un retour du Brent à 70$/b. Les marchés vont cependant attendre de voir l’impact visible de la discipline de l’OPEP et de ses alliés, qui se traduira sur les chiffres d’exportation et l’évolution des stocks pétroliers. Il est encourageant de voir que l’Arabie Saoudite a informé ses clients d’une forte baisse de ses exportations le mois prochain.